La petite musique de l’IRE, le tube de l’été ?

Les cercles qui savent ont frémi en début d’été : y aurait-il, y a-t-il eu, une « RIM » (réunion interministérielle) à Matignon mi-juillet sur la fiscalisation des indemnités de résidence à l’étranger (IRE) ?
oui, mais non. mais si finalement.
Mais l’on respire car les cadres expatriés de Bercy ou du MinDef y sont opposés.
Pourtant, après deux, voire trois, tentatives parlementaires allant dans ce sens et avec une emprise croissante de la Cour des Comptes sur l’administration, faire l’autruche ne semble pas la meilleure politique. Le front du statu quo nous fait perdre chaque jour du terrain.
Un mois après cette réunion en haut-lieu, c’est le Monde qui réactive le sujet au cœur de l’été : l’Inspection générale des Finances et l’Inspection générale de l’Administration « préconisent d’accentuer l’effort de rationalisation des primes » dans la Fonction publique.
Il est ainsi posé dans leur rapport que « l’efficacité » de plusieurs d’entre elles paraît « questionnable« , qu’elles « pourraient être réformées » et qu’elles laissent entrevoir « un potentiel d’économies budgétaires » ; c’est (surprise ?) le cas de l’IRE, nommément citée.
Nous nous réjouissons que selon les Inspections, il y ait trop de primes dans les salaires des fonctionnaires ; c’est d’ailleurs bien vrai et nous rappelons régulièrement que le traitement indiciaire est gelé depuis des années et que les primes compensent (mal) cette ère glaciaire de la rémunération.
Mais, va-t-on, au MEAE, encore attendre en ce qui concerne nos agents expatriés ?
Va-t-on, chacun espérant passer entre les gouttes, comptant sur l’intervention d’élus proches ou sur l’entregent des cercles hiérarchiques qui s’activent déjà à trouver une parade pour eux-mêmes, nous laisser filer droit dans le mur pour la majorité des agents ?
Pour la CGT-MAE, la réponse est claire et sera au cœur de notre campagne pour les élections professionnelles de décembre prochain : il ne faut pas, il ne faut plus rafistoler le système : il faut reconstruire l’édifice de zéro avec une double préoccupation : la justice sociale et le bon sens.
En quelques lignes, pour notre organisation, la rémunération à l’étranger, devrait suivre l’épure suivante :
→ le salaire indiciaire (fiscalisé, comme actuellement),
→ une indemnité d’expatriation, égale pour tous les agents d’un même poste, fondée sur les classiques « coût de la vie / loyer / sécurité / hygiène etc. » (non fiscalisée, comme l’IRE actuellement),
→ une prime fonctionnalisée liée aux sujétions, aux responsabilités, à l’exposition, (fiscalisée, comme l’IFSE ou le CIA en France),
→ un supplément familial égal pour tous les agents (actuellement il est de 10% de l’IRE de l’agent),
→ une prise en charge aux frais réels des frais de scolarité, de caution d’école ainsi que des coûts annexes induits par l’éducation d’un enfant français à l’étranger,
→ la prise en charge des voyages aux frais réels sur une périodicité améliorée, permettant de conserver le lien avec la France,
→ le tout piloté et soutenu par un vrai « Bureau de l’Expatriation » qui regrouperait l’ensemble des questions d’expatriation/impatriation, notamment mais pas exclusivement la scolarité (inscriptions etc.), à l’instar de ce qui se fait dans le secteur privé, secteur privé dont on nous vante régulièrement les mérites.
Bref, la petite musique « sus aux IRE » ne s’est jamais interrompue ; elle est actuellement dans le bruit de fond mais son volume peut exploser à tout moment.
À nous de savoir jouer notre partition avant qu’on ne nous impose le tempo.
La CGT-MAE est prête à travailler avec l’administration, forte de sa réflexion constante et ancienne sur le sujet, pour une refonte juste, solidaire et pérenne.
En responsabilité.
