CGT-MAE – syndicat CGT des personnels du ministère de l'Europe et des Affaires Étrangères

Retraites

Ratés et dératées de la PSC : la MGEN en roue libre

Ratés et dératées de la PSC : la MGEN en roue libre Chères, chers collègues, Pour celles et ceux d’entre vous que ce message ne concerne pas, en centrale ou surtout dans les postes : vous avez bien de la chance. Les autres, qui ont rencontré depuis 3 mois les cafouillages en série et la communication absurde de la MGEN – qui a remporté l’appel de marché de notre protection sociale complémentaire (PSC) et de notre prévoyance – auraient envie de rire devant l’inventaire à la Prévert des errements, des dysfonctionnements, des contre-pieds et des injonctions contradictoires qui leur sont parvenues… si le sujet n’était pas grave, s’il n’impliquait pas des situations potentiellement dramatiques qui touchent à notre santé et à celle de nos proches, dans des situations de vie à l’étranger où rien n’est jamais simple, ni évident, ni rassurant. Selon la MGEN, les organisations syndicales auraient mal fait leur travail La meilleure défense étant l’attaque, certains délégués de la MGEN, par la voix des délégués Ory et Le Berre, ont cru pertinent de se défausser de la responsabilité de ce fiasco sur les organisations syndicales qui auraient mal fait leur travail  dans l’article « Ratés de la PSC à l’étranger, la MGEN s’explique » Pour Pierre Ory, qui est en détachement en Corée du Sud et élu MGEN : « la vraie question dans l’histoire reste : comment les syndicats ont-ils pu accepter un tel cahier des charges – qui nous est imposé – avec un bornage de certains remboursements – dont l’hospitalisation – à 90% ? ». Lors d’un échange avec notre rédaction, il ajoute aussi « 10% non pris en charge représentent rapidement quelques milliers d’euros pour une hospitalisation lourde, voire bien davantage dans certains pays… C’est une charge difficilement supportable pour un particulier… et c’est légitimement source d’anxiété ». L’élu regrette par ailleurs que les syndicats n’aient pas joué leur rôle de « lanceur d’alerte » même s’il reconnaît qu’ils n’ont pas été à l’origine d’un cahier des charges rédigé par les ressources humaines du Quai d’Orsay et de l’AEFE. Pour Renaud Le Berre, délégué MGEN mais aussi élu à l’assemblée des Français de l’étranger pour l’Espagne : « le problème vient en effet de la négociation de la PSC. C’était pourtant au départ une avancée. Mais la PSC déstabilise tout le socle mutualiste et tout le socle générationnel. Il faut craindre que les mutuelles se transforment en structures privées. Il y a le problème de l’assurance des retraités par exemple. Avant avec la solidarité intergénérationnelle il y avait une solidarité réelle. La PSC a déstabilisé cet équilibre. Couvrir les retraités ne sera plus rentable. Et les partenaires sociaux ne l’ont pas vu immédiatement. L’urgence est de revenir sur les 90 pour-cent (seulement) d’hospitalisation. On va payer plus cher moins de couvertures. Puisqu’il faudra rajouter à l’assurance santé la prévoyance qui sera d’une trentaine d’euros supplémentaires. En cas d’accident grave à l’étranger le reste à charge sera extrêmement important et il n’y a pas d’offre de sur-complémentaire car ce n’est pas rentable. On doit donc s’inquiéter de l’application de la PSC et de savoir jusqu’à quand la MGEN gardera un équilibre financier. J’ai donc une inquiétude pour tous les fonctionnaires détachés » Voici donc nos réponses à ces deux contre-vérités : – Les organisations syndicales du ministère et de l’AEFE n’ont pas eu la main sur le panier de soins étranger discuté entre l’administration et la DGAFP puisque cette dernière ne s’est pas véritablement intéressée à ce périmètre particulier dans le cadre des négociations interministérielles. Cette lacune a fait de ce panier de soins étranger, un panier dérogatoire à l’accord interministériel. – Conformément aux règles des marchés publics nous n’avons pas eu non plus accès au cahier des charges : cela nous a été refusé malgré plusieurs demandes de consultation partielle de celui-ci. Tout juste avons-nous pu discuter des critères en Commission Paritaire de Pilotage et de Suivi (CPPS) comme prévu dans l’accord interministériel. – L’AEFE, par son inaction, s’est vue imposer au dernier moment son adhésion à l’accord ministériel du MEAE sans avoir pu négocier quoi que ce soit. C’est donc un déni des négociations avec les organisations syndicales qui n’ont eu d’autres choix que d’avaliser des propositions des autres sans que leurs spécificités soient prises en compte, sous peine de renvoyer les collègues vers l’accord cadre général de la Fonction Publique, encore moins adaptée à leur situation. – Nous ne parlons ici que de la PSC Santé, mais la prévoyance (facultative) pose aussi des problèmes à l’AEFE. focus 90% Pour les agents du MEAE, jusqu’à présent, le panier de soins étranger de la MAEE pour respecter les notions de contrat responsable au sens de l’article L871-1 du code de la Sécurité sociale était bien à 90% de prise en charge mais était complémenté par une affiliation à un assureur international chargé non seulement du rapatriement mais de la couverture à 100% de certains soins dans les zones où le coût des soins est particulièrement élevé. À noter que l’IMA a augmenté en 2024 de 4% puis de 20% en 2025 en raison de la « sinistralité » : c’est dire que la couverture à 100% a un coût non négligeable que la MGEN met largement en sourdine ! D’autant que les contrats – dans le cadre de MGEN International – qu’elle propose sont désormais seulement individuels et non plus collectifs comme ils pouvaient l’être avant la PSC. focus retraités C’est la même chose pour les retraités. Ceux qui n’adhérent pas à la PSC ne peuvent désormais que souscrire individuellement à une mutuelle ou assurance et là, les prix flambent et surflambent en fonction de l’âge. Ce sont bien les retraités les moins informés qui vont donc payer le prix fort en France avec des adhésions individuelles hors PSC et SURTOUT ceux qui, à l’étranger, n’auront pas le choix ! Il faut savoir, et les procès-verbaux des commissions paritaires (CPPS) peuvent en témoigner, que les organisations syndicales sont intervenues sur la question du montant des cotisations des retraités à de très nombreuses reprises. Que les dernières commissions concernant justement le fonds d’aide aux retraités ont fait l’objet de très nombreux amendements des organisations syndicales en

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Mobilisations, Retraites, Vie à l'étranger, Vie des agents, Vie en centrale

Le 28 mars, si tu me mets 64, je te re-mai 68 !!!

Après avoir réuni 3,5 millions de personnes dans les rues du pays jeudi dernier, et confrontée à la surdité onaniste de ce gouvernement, l’intersyndicale appelle à une nouvelle journée de mobilisation le 28 mars. Nous nous associons bien évidemment à cet appel, et vous proposons un petit jeu de questions-réponses pour vous convaincre de son bien-fondé. Est-ce le 10 de der ? Que nenni. S’il s’agit bien de la 10ème journée nationale de mobilisation interprofessionnelle, c’est loin d’être la dernière. Nous continuerons à descendre dans la rue jusqu’au retrait complet de cette réforme dont personne ne veut, à part l’autre allumé dans sa tour d’ivoire. Par ailleurs, ce n’est pas, loin de là, le seul mode d’expression des travailleurs en lutte. Nous vous invitons également à participer aux différentes manifestations organisées chaque jour dans le cadre de ce mouvement social, actions généralement répertoriées sur les pages des unions départementales CGT : • https://lacgt44.fr/ • https://www.cgtparis.fr/ Mais, du coup, à quoi ça sert de faire grève et descendre dans la rue 1 fois par semaine ? Dans les cortèges, on entend souvent une petite musique désabusée, qui pointe l’impuissance de cette manière de mobiliser vis-à-vis d’un gouvernement qui s’inquiéterait autant des défilés Bastille-Nation que du reste à vivre en bonne santé d’un couvreur de 64 ans. Pour être tout à fait franc, nous sommes nombreux, à la CGT, à nous poser la question, et à s’intéresser, par exemple, aux propositions constructives d’un Frédéric Lordon. Ceci étant, il convient de rappeler que : • Certains secteurs professionnels sont entrés depuis des semaines en grève reconductible. Il s’agit généralement des secteurs qui cumulent les intérêts à agir suivants : ils ont le plus à perdre (fin des régimes spéciaux, forte pénibilité rendant particulièrement injuste cette réforme), et ont le plus d’impact par leur action (grèves dans les transports, les mines et l’énergie, les services publics comme le ramassage des déchets etc.). • D’autres secteurs , par exemple le nôtre, sont peut-être moins mobilisés (même si, avec régulièrement entre 300 et 400 grévistes, nous ne déméritions pas au regard de l’histoire des mobilisations sociales dans l’atmosphère feutrée du Quai), mais peuvent néanmoins participer à l’effort collectif, par exemple en alimentant les caisses de grèves des collègues en lutte. • Surtout, il faut prendre en compte le contexte fortement inflationniste et les pertes de pouvoir d’achat qui affectent les travailleurs (et notamment les fonctionnaires avec le gel du point d’indice) depuis 20 ans, au profit exclusif des actionnaires. Une grève reconductible n’a jamais été facile pour qui que ce soit, c’est une évidence. En l’état, il a été jugé que la période n’était pas propice à ce type de mobilisation, alors que l’action perlée, quels que soient ses défauts, a le mérite de nous faire tenir dans la durée. • Enfin, les mobilisations actuelles, inédites depuis 30 ans par leur ampleur, restent un moyen efficace et pacifique pour montrer au gouvernement notre détermination à ne pas nous laisser entuber sans moufter. D’accord, mais est-ce que ce n’est pas un peu tard, alors que le projet de loi est passé ? Non, pas du tout. En 2006, le gouvernement De Villepin a ainsi été obligé de reculer, sous la pression de la rue, sur la réforme du CPE, pourtant adoptée après recours au 49.3 (rings a bell ?). Nous y parviendrons aujourd’hui aussi, parce que personne, pas même le patronat, n’a intérêt à voir le pays s’embraser sur un texte dont l’ambition est d’économiser 12 milliards d’€, soit 0,5 % du PIB. Ok, vous m’avez convaincu. Mais le contexte a l’air tendu, ce n’est pas un peu dangereux d’aller manifester ? Alors, oui, c’est sûr, quelque chose s’est tendu dans le pays, et le gouvernement pourrait bien récolter une sacré tempête suite au désarroi qu’il a semé. Les crispations policières (gazage de manifestants nassés, débordements des BRAV-M) face aux actions de plus en plus désespérées de la part d’une frange de la mobilisation peuvent donner le sentiment, surtout lorsque ces images tournent en boucle sur les chaînes d’info en continu, que les manifestations sont devenues de vastes maelstroms chaotiques. Il n’en est rien. L’extrême majorité des manifestants défile toujours dans une ambiance bonne enfant, en chantant à tue-tête (pas toujours très juste, si vous voulez notre avis) et en arborant des slogans rivalisant d’ingéniosité. Evitez la tête de manifestation, partez un peu avant le point d’arrivée, et tout ira bien. Alors, demain 28 mars, une nouvelle fois, faites grève pour vos retraites et votre pouvoir d’achat !!!

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Mobilisations, Grèves et manifestations, Retraites

Fonction publique : des leviers, des spécificités

La réforme des retraites, on en parle, on écrit, on tracte depuis des années et la CGT, elle, y est opposée depuis le début. Dans la perspective du mardi 7 mars, journée de grève générale intersyndicale où il importe d’obtenir une mobilisation massive pour « mettre le pays à l’arrêt » et démontrer la détermination du peuple, il nous est apparu utile de revenir en 3 brefs messages sur nos principaux points concrets d’opposition à cette réforme. Après « UNE RÉFORME CONTRE LES FEMMES » puis « UNE RÉFORME INUTILE ET PUREMENT IDÉOLOGIQUE », nous terminerons sur « FONCTION PUBLIQUE : DES LEVIERS, DES SPÉCIFICITÉS ». Les 5,7 millions de travailleurs de la Fonction publique (État 2,5 millions, Territoriale 1,9 million et Hospitalière 1,2 million) ont souvent été présentés lors des différentes réformes comme des « privilégiés » qu’il faudrait aligner sur le droit commun. Si le principe du maintien du mode de calcul actuel (sur les 6 derniers mois d’activité) est a priori conservé, le report de deux ans du départ en retraite affectera donc les agents publics, qu’ils relèvent du tout-venant ou des catégories dites « actives » (métiers pénibles ou dangereux), qui passeront de 57 à 59 ans, ou « super-actives » (policiers, surveillants de prison, contrôleurs aériens) qui évolueront de 52 à 54 ans. PLUS DE SALAIRE, PLUS D’EMPLOIS, TEMPS DE TRAVAIL RÉDUIT = PLUS D’ARGENT POUR LES RETRAITES ! L’antienne favorite du gouvernement reprend un argument totalement éventé : le supposé gouffre financier de notre système de retraite et les dangers que celui-ci représenterait. Nous avons évoqué la semaine dernière combien cette campagne était malhonnête, contredite par beaucoup d’indicateurs économiques et battue en brèche si l’on accepte d’actionner certains leviers. Et c’est particulièrement le cas dans la Fonction publique. Depuis longtemps, la CGT milite en faveur des trois « 10 % pour la Fonction publique ». Ce triptyque s’articule autour de : – 10 % d’augmentation de la valeur du point d’indice, – 10 % de créations d’emplois et – 10 % de réduction du temps de travail. Ces revendications à satisfaire d’urgence correspondent à autant de mesures de justice sociale et d’amélioration du service public. Mais elles auraient aussi un effet bénéfique sur le financement de nos retraites. D’ailleurs, le dernier rapport du Conseil d’Orientation des Retraites (COR, rattaché aux services du Premier ministre) souligne que le gel de la valeur du point (ou son quasi-gel) a « de forts effets négatifs sur les ressources des retraites ». Compte tenu de son dispositif particulier (l’État versant une subvention d’équilibre annuelle), les augmentations du traitement indiciaire et les créations d’emplois de fonctionnaires ne procureraient certes pas de ressources supplémentaires pour la Fonction publique d’État. Il en irait en revanche tout autrement des Fonctions publiques territoriale et hospitalière. En effet, la Caisse nationale de retraites des agents des collectivités locales (CNRACL), compétente pour les retraites des fonctionnaires territoriaux et hospitaliers, possède un système de ressources assis sur des taux de cotisation définis pour les salariés et employeurs : en revalorisant le point d’indice de 10 %, en créant 10 % d’emplois de fonctionnaires sur ces deux versants (soit environ 300 000 agents), les ressources de notre système de retraite seraient abondées de 5 à 6 milliards d’euros, soit la moitié du déficit prévu par le COR pour 2030. RETRAITES ASSURÉES, SERVICE PUBLIC RENFORCÉ, PRÉCARITÉ RÉSORBÉE Les agents seraient donc mieux payés, leurs conditions de travail seraient améliorées, le service public aurait davantage de moyens pour le bien des usagers, des emplois supplémentaires seraient disponibles notamment pour les jeunes et nos retraites auraient des recettes supplémentaires significatives. Voilà qui ne souffre pas la comparaison avec la politique d’austérité du pouvoir exécutif et ses projets rétrogrades ! Ajoutons que, si comme le réclame la CGT, un vaste plan de titularisation était mis en œuvre et que les primes comptaient pour la retraite, ce seraient encore plusieurs milliards de cotisations supplémentaires qui viendraient s’ajouter. LA PRÉSERVATION DES SPÉCIFICITÉS… AU MAE AUSSI ! On sait que le gouvernement Macron vise la disparition des régimes spéciaux et agite l’épouvantail de la suppression d’inégalités de traitement avec les salariés du privé. Il souhaite tout simplement niveler par le bas, aller à rebours complet de la reconnaissance de la pénibilité dans ces secteurs et remettre en cause l’attractivité de métiers pourtant aujourd’hui en manque chronique de personnel (SNCF par exemple). N’oublions jamais que ces régimes sont dits « spéciaux » car adaptés au travail dans les secteurs concernés. Au ministère des Affaires étrangères tout particulièrement un point demeure totalement obscur : celui de l’avenir des « bonifications de dépaysement pour les services civils rendus hors d’Europe ». Ces bonifications sont encadrées par les articles L12, R11, R12, D8 et D9 du Code des pensions civiles et militaires de retraite et elles permettent d’ajouter des trimestres non effectifs aux services effectivement accomplis, selon un taux allant de ¼ à ½ et une répartition géographique bien définie. Si elles ne sont plus prises en compte pour le calcul de la surcote depuis 2009, elles restent prises en compte pour réduire la décote. Leur remise en cause serait une nouvelle expression de la négation de la spécificité de notre ministère, que la CGT a combattue à de nombreuses reprises, notamment dans son opposition à l’inscription des agents de catégorie C sur la Place de l’Emploi public et à la réforme de la haute Fonction publique. DANS LA FONCTION PUBLIQUE, COMME DANS LE PRIVÉ, LA CGT RAPPELLE SES REVENDICATIONS : – Garantir la possibilité d’un départ à la retraite à 60 ans à taux plein, – Assurer un niveau de pension d’au moins 75 % du revenu net d’activité pour une carrière complète, – Elever les minima de pension au niveau du SMIC pour une carrière complète, – Assurer le rattrapage des salaires et des pensions des femmes sur celui des hommes et indexer les pensions sur l’évolution des salaires, – Intégrer les années d’études et de recherche d’emploi dans la retraite, – Permettre réellement des

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