Baltazard

Baltazard Kono est un grand Monsieur.
Non seulement par sa taille et par son expérience, mais également par sa poignée de main : franche, puissante et imposante. Quand Baltazard vous serre la main, il ne vous la lâche plus, comme pour vous transférer dans cet échange charnel le film de ses trente-six années de service à la Résidence de France à Yaoundé.
Les permanentes de la CGT-MAE l’ont rencontré à la toute fin de leur mission au Cameroun, une heure avant de se rendre à l’aéroport et pour cause, Baltazard est à la retraite, depuis un an « jour pour jour » comme il le leur a précisé. Alors entre quelques bouchées de plantain frit et de poisson grillé, elles n’ont pas eu le temps d’écouter toutes les anecdotes de cette vie au service de la France mais ont saisi l’essentiel…
Baltazard fait partie de ceux que l’on appelle « la mémoire d’un poste ». Entré comme jardinier à la Résidence de France en 1989, il a servi dix ambassadeurs et une ambassadrice. Puis il est passé chef jardinier et a exercé d’autres fonctions faisant de lui un agent polyvalent : peintre, plongeur, piscinier… il s’est également occupé des paons et des perroquets de la Résidence !
C’est un homme passionné et fier de ses années au service de la France que nos deux permanentes ont rencontré, mais également un homme triste, rempli d’incompréhensions sans toutefois exprimer de rancœur. En effet, Baltazard est parti à la retraite le 13 mars 2025 et n’a pas eu de pot de départ, un cocktail en son honneur où pour une fois, une toute petite fois dans sa vie, il n’aurait pas été « au service de » mais aurait été l’invité de cette belle Résidence, un tout petit moment où il aurait été mis en avant et remercié pour toutes ces années. Il nous disait : « Au 14 juillet, les chauffeurs étaient invités avec leurs épouses et moi je travaillais », et nos permanentes de penser : « C’est vrai que les stagiaires ENA restent 4 mois et ont un pot de départ, lui est resté 36 ans et n’a rien eu » … Et même si le SGA a veillé à ce qu’il parte dans les meilleurs conditions possibles au regard des dernières avancées syndicales notamment sur le régime de retraite et ce, après avoir pu prolonger son activité d’une année à sa demande, cela ne remplace pas un moment convivial d’adieu entouré de ses collègues et amis, ni les hommages bien légitimes de l’Ambassadeur.
Alors Baltazard, la CGT-MAE vous a vu, vous a entendu et désire sincèrement que cette réception en votre honneur, tant méritée, soit enfin organisée à l’occasion de la remise de votre médaille du travail. Et en attendant, nous souhaitons reconnaître votre travail et votre engagement, avec respect et admiration, à travers ces quelques mots : un bien maigre éloge au regard de votre vie pour la France.
Merci et bonne retraite Baltazard.
